Nos habitudes alimentaires ICI influent sur la consommation des millets LÀ-BAS

 

 

Extrait du documentaire « des millets dans mon assiette ». Je discute avec des paysans qui se sont détournés massivement de la culture du millet.

MOI : « Mes interlocuteurs m'auront souvent fait la remarque avec des yeux d’envie : Dans ton pays riche, tu dois manger des pizzas ! Notre mode de vie occidental est très attractif pour eux. Un jour j'ai eu la curiosité de demander : « et si les occidentaux mangeaient des millets cela vous influencerait positivement ? »

LE PAYSAN INDIEN- « Madame, voyez notre expérience. Le Karaté vient du sud de l’Inde. Il a été exporté en Chine, après seulement nous l’avons repris. La médecine ayurvédique est d’origine indienne. Peu de gens ici appréciaient. Les étrangers l’ont pratiqué et dit que c’était bien, alors nous y sommes retournés. Et si des occidentaux mangent des millets, nous suivrons ». « Nous suivons la culture occidentale de manière aveugle, pas de doute à ce sujet ».

MOI : « Si dans mon pays, la France, nous cultivons, mangeons, et aimons les millets, peut-être la prochaine génération changera son point de vue sur les millets ? »

LE PAYSAN : « La prochaine génération pourra retourner aux millets ».


 

C’est un fait, même si c’est attristant : nos habitudes alimentaires occidentales influencent plus que l’on ne croit celles des autres autres continents.

 

Nous proposons deux pistes de réflexion, à chacun de se faire sa propre idée.

 

La surconsommation de viande

Il est aujourd’hui reconnu qu’il est urgent de diminuer notre consommation de viande, tant sur le plan environnemental que pour des questions de santé. Nous en parlons moins, mais notre consommation effrénée a aussi des conséquences sur les autres continents.

Sa place dans notre alimentation d'aujourd'hui est prépondérante. Toute autre société en voie de développement, qu’elle soit africaine, indienne, ou autre, y est sensible et tendra elle aussi à augmenter sa consommation de viande, symbolisant ainsi réussite sociale et alimentation riche.

Conséquences environnementales : Celles-ci se mettent à produire de façon inconsidérée de la viande, des œufs et du lait en grande quantité pour répondre à cette nouvelle demande. Or les conditions sanitaires et écologiques y sont plus qu’aléatoires…

Ceci a aussi une influence sur leur mode alimentaire traditionnel, basé sur une combinaison céréales-légumineuses. Ces deux cultures menées traditionnellement n’épuisent pas les sols, consomment moins d’eau que l’élevage, et présentent une base alimentaire équilibrée.

Conséquences financières :  En Inde par exemple les millets pourtant très riches en protéines et en calcium (comme le ragi) sont dénigrés, et les familles mêmes pauvres croyant bien faire achètent du lait et de la viande pour nourrir leurs enfants, sacrifiant ainsi une large part de leur budget. La problématique peut aussi être transposée au continent africain.

Les inconvénients du « tout farine de riz »

La plupart des recettes « sans gluten » utilisent comme base de la farine de riz. Celle-ci est facile à travailler et est sans goût prononcé. Mais cette augmentation de la demande de riz n’est pas sans conséquences : sa production dégage beaucoup de méthane, elle est sujette aux fluctuations du marché et nécessite beaucoup d’eau (de nombreux producteurs cultivent du riz pour sa valeur marchande, même s'ils ont conscience que leurs réserves en eau ne sont pas abondantes). Ils délaissent leurs céréales locales, se fragilisant ainsi davantage.

 

Pour aller plus loin, quelques données sur le document pdf ci-dessous, et aussi voir notre documentaire « des millets dans mon assiette ».

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données sur les problématiques liées à l
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